Projets de parcs photovoltaïques flottants

Projets de parcs photovoltaïques flottants

Retenues collinaires, parcs photovoltaïques flottants et baux de pêche : on fait le point !
Nombreux de nos adhérents s’inquiètent de l’avenir de la pêche dans les lacs artificiels, certainement à juste titre. Mais, comme à chaque fois dans ce genre de situation, les «on-dit», les «il paraît que» vont bon train. Certains y prennent même du plaisir….il faut bien s’occuper !
Nous avons même entendu…(attention, accrochez-vous bien) : « Vu tous les poissons morts au lac de Serres-Castet, brochets, sandres, perches, gardons, c’est car l’AAPPMA a mal géré le stock, il y avait trop de poissons »….C’est bien la première fois que l’on nous reproche qu’il y ait trop de poissons dans un lac… pas de limite à la bêtise…et bien sûr avec les cyanobactéries, hors de question de patauger dans l’eau et tenter de sauver des poissons moribonds qui auraient pu contaminer d’autres lacs.
Plus sérieusement, voici un point de la situation au 09 novembre 2022, à travers une série de questions/réponses.
« Y aura t’il des panneaux solaires sur tous les lacs ? »
Non, nous ne le pensons pas, aujourd’hui, seuls quelques sites sont concernés «à notre connaissance». Des réflexions avancées sont en cours sur Bassillon, Corbères, Garlin, Aubin, Boueilh et Arzacq (c’est déjà beaucoup). Après cette phase d’étude, viendra le temps de l’enquête publique à laquelle il faudra se prononcer. L’AAPPMA Le Pesquit a déjà posé une série de questions aux différents bureaux d’études concernés. Un dossier a été remis aux mairies afin de les sensibiliser sur l’impact néfaste des panneaux solaires flottants aussi bien pour l’activité pêche que pour la dégradation des milieux aquatiques sur les retenues et les rivières à l’aval. C’est pourquoi nous nous sommes déjà positionné défavorablement à la création de structures photovoltaïques flottantes.
« La pêche en embarcation sera-t-elle interdite sur les lacs concernés, et la carpe de nuit ? »
Oui, toute activité nautique sera interdite, comme la pêche de nuit, c’est le souhait des porteurs de projets pour éviter la dégradation des installations.
« et la pêche du bord ? »
Probablement aussi, nous n’avons pas encore la réponse à cette question. 
« Vous avez un idée des surfaces qui pourraient être recouvertes par les panneaux ? »
Sur certains lacs oui. Bassillon environ 8 ha, Garlin 5 à 8 ha, Corbère 4 ha. Si cela se concrétise, les panneaux devraient être implantés le long des digues et sur les zones les plus profondes des retenues.
« Et les droits de pêche de l’AAPPMA, qu’en est-il ? »
Aujourd’hui les propriétaires des lacs concernés et ceux qui adhérent au groupement des irrigants se donnent jusqu’au mois de mars pour travailler sur de nouvelles conventions. Nous ne savons pas si nous conserverons les baux de pêche sur ces sites et si oui dans quelles conditions. S’agit-il d’un moyen de pression ? Peut être bien. Pour les autres lacs, notamment ceux de l’Institution Adour et d’autres, la question ne se pose pas pour le moment. Il en ait de même pour les cours d’eau où des DIG sont en cours avec des travaux en rivières. Dans ce cas les droits de pêche reviennent obligatoirement à l’AAPPMA ou à la Fédération de pêche.
« Qui sont les porteurs de projets ? »
Ils sont plusieurs à vouloir de l’énergie « dite » renouvelable : pour la vendre, pour amortir les coûts d’exploitations, etc…Aujourd’hui, TOTAL énergie, ERDF, la Chambre d’Agriculture, Le GIE (groupement des irrigants), et des ASA d’irrigation sont tous demandeurs. Certaines mairies sont défavorables à ces projets, d’autres ne se prononcent pas encore, en attente des résultats des différentes études. Les Présidents des Conseils Départementaux 64 et 65 ont assisté et validé le lancement des études sur Bassillon. Mais nous, AAPPMA Le Pesquit, idem FD de pêche, ne sommes pour le moment jamais invité à la table de discussion. Cette situation provoque chez nous une certaine inquiétude. C’est aussi pour cela que nous faisons bien attention aux mots que nous employons pour communiquer avec vous, car le dossier est surtout fait d’incertitudes.
« Il va rester quoi à pêcher ? »
Il ne faut pas tomber de le « catastrophisme », mais rester vigilant et le plus alerte possible. Les lacs qui ne seront pas impactés par les panneaux feront l’objet d’une attention particulière pour le développement de l’activité pêche. Les lacs impactés, nous les surveillerons de près, de très près même, notamment sur la partie biodiversité et qualité de l’eau. Nous vous communiquerons les dates des enquêtes publiques, chacun aura son rôle à jouer.
« La sécheresse, ça donne quoi au final ? »
Les sécheresses des lacs de cet été permettent une minéralisation des fonds, un asséchement des vases, après un tel épisode les populations piscicoles vont repartir sur un milieu plus propice au développement de la vie. C’est ce que nous réalisons en pisciculture pour obtenir plus de production. Même si ça fait mal de voir tant de travail réduit à néant, il faut se dire qu’un bon assec de temps en temps c’est plus intéressant qu’une eau qui croupie pendant longtemps ! Fort à parier que les géniteurs qui ont survécu ou ceux qui vont arriver vont s’en donner à cœur joie ! Les exemples ne manquent pas notamment pour les pêcheurs de sandres, les meilleures années de pêche sur le Balaing, Ayguelongue ou Cadillon, étaient les années qui suivaient une forte sécheresse voir un assec des lacs.
Pour les cours d’eau, de petits ruisseaux ont bien passé l’été, nous avons même trouvé de la mulette perlière sur l’un d’eux (voir article précédent) ! Des truites ont été prises sur les parties avals des rivières jusqu’au mois d’août. Nous espérons maintenant le coup d’eau « qui va bien » pour assurer la montaison des géniteurs et une bonne reproduction. La reproduction des truites sur notre territoire débute au alentour de la mi- décembre et se termine à la mi-janvier.
Vous pouvez compter sur nous pour défendre l’intérêt des pêcheurs et des milieux aquatiques, soyons unis pour notre passion.
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